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Comment realiser une fiche de lecture

Posted by: Educat on Saturday, June 26, 2010 - 03:33 PM Print article Printer-friendly page  Email to a friend Send this story to someone
Education
La fiche de lecture prend en compte tout ce qui de loin ou de près permet de comprendre le texte tant à travers le message véhiculé, ses référents historiques et culturels, son contexte d’actualisation et jusqu’à dans certains cas, une certaine connaissance de l’auteur.
Par: Pierre Eddy Cezar





La lecture est « tout » dans l’acte d’apprentissage. Un apprenant qui lit et qui en fait non pas un labeur à fournir mais un loisir est à mi chemin de la réussite. On n’a pour s’en convaincre qu’à se comparer durant tout le parcours scolaire et ce, jusqu’à l’université, un apprenant qui lit et un autre qui ne lit pas. La différence est palpable, poignante, frustrante, révoltante particulièrement pour le professeur qui n’arrive pas à mettre ses élèves sur la piste de la lecture.
La lecture facilite l’écriture, prend acte des acquis langagiers de l’oralité, aide l’écoute donc parfait la connaissance et l’appropriation de la langue.
La lecture est donc à elle seule un monde dans le monde de l’appropriation de la langue. Mais l’acte de lecture au contraire de ce que nous pouvons penser, est un processus dynamique. Le lecteur est un organe actif dans le fait de donner du sens au texte, il ne doit en rien subir la vision du monde de l’auteur. Il doit réagir. Il doit comprendre le message dans son contexte. Il doit se l’approprier dans son cadre référentiel. Il doit en un mot refaire le texte avec son auteur. L’acte de lecture n’est pas un acte passif. La fiche de lecture permet au lecteur de comprendre, de réagir et de refaire le texte tout en restant à l’intérieur du message originel. Il faut pour ce faire, élaborer une fiche autour du texte lu.
La fiche de lecture doit prendre en compte tout ce qui de loin ou de près permet de comprendre le texte tant à travers le message véhiculé, ses référents historiques et culturels, son contexte d’actualisation et jusqu’à dans certains cas, une certaine connaissance de l’auteur.

I. LA PRÉSENTATION MATÉRIELLE (PHYSIQUE) DU LIVRE
Le livre avant tout est un objet comme tous les autres. Il a a une forme, un poids, une épaisseur.

1. La pagination
Le livre se présente à nous avec des feuilles, des pages. L’indication du nombre de pages d’un livre peut décider de sa lecture par d’éventuels lecteurs plus ou moins intéressés à sa lecture, il est donc nécessaire d’indiquer le nombre de pages en présentant un ouvrage.
2. La première et la deuxième de couverture
La page de couverture peut porter une illustration qui généralement dépeint le contenu du livre. La première de couverture (face) porte le titre du livre, le nom de l’auteur ou des auteurs ainsi que le nom de l’éditeur. Selon le cas, il y a aussi la mention d’une collection. La deuxième de couverture esquisse parfois le contenu du livre ou de la carrière de l’auteur. En général, la couverture esquisse, engage et commence déjà le livre.
3. Le titre
Le titre est censé annoncer livre. Il a une triple fonction informative, descriptive, incitative. Le titre peut tout simplement donner des informations sur le contenu du livre, il peut décrire le contenu du livre, il a également la fonction d’inciter le lecteur à se procurer le livre.
a) La fonction informative.
Sous le label « Les Rapaces » Marie Chauvet décrit la férocité des sbires du Duvalier qui étaient de véritables rapaces qui n’ayant ni foi ni loi, réduisant un peuple à sa plus petite expression en faisant ce que bon leur semble comme ils veulent, où ils veulent et quand ils veulent.
Sous le label « Le Mâle de l’espèce » Roger Dorsinville dénonce le masochisme culturel de l’Afrique qui considère la femme comme une chose dont le mâle dispose à sa guise.
Sous le label « Gouverneurs de la Rosée » Jacques Roumain annonce un roman paysan mettant en évidence l’espace de la province. « Gouverneurs de la rosée » est à la fois un référent de la province en ce qui a trait à son importance dans la vie paysanne, et un référent à l’eau qui constitue en principe un leitmotiv dans la trame de l’histoire.
Le titre en somme peut indiquer n’importe quoi dans la trame, le lieu, l’époque, la condition morale, physique, psychique, socio-économique, politique des personnages du livre.
b) La fonction incitative.
À côté de sa fonction informative, le titre revêt une fonction incitative. Il a pour rôle de forcer le lecteur à la lecture. Il annonce une attente et engage le suspense.
« Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin » est le titre d’un des romans de Gary Victor. Le titre est provocateur. Il incite à la lecture. On aimerait bien savoir la trame de ce roman qui ne se dit pas, ne se dévoile pas, ne dit rien, mais attire on ne peut plus.
« Romancero aux étoiles » annonce une poésie que ne suggère le titre mais sans révéler quoi que soit. Le lecteur ne peut pas ne pas feuilleter un tel livre pour, à travers une lecture en diagonale, décider de l’achat ou non du livre.
« Hadriana dans tous mes rêves » évoque un amour fou passionné, le nom même d’Hadriana incite au rêve, la mélancolie, la tendresse. L’association « Hadriana » et « rêve » emporte l’indécision du lecteur potentiel qui ne peut résister à l’achat du livre.
« La Parole Prisonnière » évoque l’oppression, l’assujetissement, la tyrannie, la dictature… C’est un fait humain de sympathiser avec la victime plutôt que le bourreau. Le lecteur potentiel aimerait tout savoir du contenu de ce livre qui prend chair dans un espace où la parole est ligotée, baillonnée. Y meurt-on pour un oui ou pour un non, pour un mot de moins ou de plus, ce sont autant de questions qui l’agitent, questions auxquelles il ne peut trouver une réponse que par la lecture intégrale du livre… quitte à expérimenter une autre forme de parole prisonnière… Il en aura pour son compte..

4. Les divisions du livre :
a) Le livre lui-même (Le récit)
Le livre est divisé en parties. Il est conseillé de présenter le plan du livre avec ses temps forts ou idées dominantes. On peut également morceler le livre à travers son idée principale et ses idées secondaires. Pour le plan du livre, voir chapitres précédents.
Il importe aussi de résumer le livre dans une fiche de lecture. Le résumé ou contraction de texte permet de mesurer la compréhension du lecteur. Tout livre lu mérite d’être résumé. Le résumé est donc le trait d’union entre l’auteur et son appropriation du texte lu ainsi que le savoir qui se dégage du texte.
b) Les textes annexes : avertissement, avant-propos, plan, préface, postface, table des matières etc.


II. LE LIVRE LUI-MÊME (LE TEXTE)
Le lecteur est un agent actif dans la composition du livre. Il n’est pas là pour tomber d’accord mais pour apprécier. Il est un faiseur de sens. Dans son examen critique du livre il résume, précise les différents personnages protagonistes sur le dos desquels repose la trame du récit, il précise le narrateur, le rythme selon lequel l’histoire est racontée, le style de l’auteur, les indicateurs sociaux qui ont donné naissance à l’histoire, le point de vue personnel du lecteur.
1. Résumé
a. On situe l’événement dans son lieu, son espace et son contexte.
b. On mentionne les personnages protagonistes du texte.
c. La situation initiale du récit.
d. Les différentes étapes de la progression du récit.
e. La situation finale.
2. Les personnages protagonistes du livre
a. Il faut mentionner la personnalité, le tempérament, l’individualité en un mot la constitution des personnages protagonistes du livre.
b. Leur rôle dans la progression de l’histoire
c. Leurs opposants
d. Leurs adjuvants
e. Leur(s) quête(s), initiative(s) et entreprise(s).
f. Leur(s) échec(s)
g. Leur(s) réussite(s)
3. Le narrateur de l’histoire
a. S’agit-il d’un narrateur omniscient qui se supplée à Dieu (focalisation zéro).
b. S’agit-il d’un narrateur présent dans le texte (focalisation interne).
c. S’agit-il d’un narrateur-spectateur (focalisation externe).
d. L’histoire est-elle racontée à la première ou à la troisième personne.
4. Le rythme de l’histoire
a. La fiche de lecture inclut également le rythme de l’histoire, celui-ci désigne l’allure, les fluctuations, et la vitesse du récit, en un mot le la progression de l’histoire.
b. L’ordre et l’enchaînement des différentes séquences de l’histoire.
c. Quel est le point de vue adopté par le narrateur ? Prend-il position ou défend-il les valeurs morales ? facilite-t-il l’entente entre les gens etc ?
d. Quel est le temps du récit ? Ellipse, sommaire, scène, pause, retour en arrière etc.
5. Le style de l’auteur
a. Quel type de texte est-ce ? Conte, fable, légende, tragédie, comédie, drame, essai, portrait, récit, nouvelle, roman ? Si c’est un roman, est-ce un roman sociohistorique, roman actif (d’aventures), roman passif (introspectif).
b. Quel en est le genre ? Narratif, descriptif, explicatif, injonctif, informatif, argumentatif etc.
c. Quel type de discours a été adopté ? Monologue, dialogue, médiation et ingérence d’auteur etc.
d. Les niveaux de langue utilisée ? Soutenue, familière, courante et usuelle.
e. Les figures de style utilisées ? (figures du signifié, figures du signifiant).
f. Les champs lexicaux, lexicographiques et terminologiques les plus utilisés selon le décor du texte.
6. Les indicateurs sociaux désignent les renseignements apportés sur l’époque à laquelle le texte se réfère, Ils sont d’ordre :
a. Culturel.
b. Social.
c. Historique.
d. Idéologique et/ou doctrinal.
e. Référentiel ; c’est à dire, ils précisent les circonstances dans lesquelles le livre a été écrit, publié et divulgué ainsi que la réception qui lui a été faite.

III. LA SYNTHÈSE
1. Point de vue personnel du lecteur.
Cette partie est d’une grande importance dans la rédaction de la fiche de lecture. Le lecteur est un agent actif dans la composition du livre. Il n’est pas là pour tomber d’accord mais pour apprécier. Il est un faiseur de sens. Dans son examen critique du livre il a résumé, précisé les différents personnages protagonistes sur le dos desquels repose la trame du récit, il a précisé le narrateur, le rythme selon lequel l’histoire est racontée, le style de l’auteur, les indicateurs sociaux qui ont donné naissance à l’histoire. Partant de l’idée que le poète écrit et que le poéticien analyse, le lecteur doit en fonction des différents points analysés, préciser :
a. Une prise de position personnelle sur le texte lu.
b. Son appréciation personnelle. Dire ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas et pourquoi. L’étudiant doit en outre préciser quelles parties il modifierait dans le texte s’il en était l’auteur.
c) Les suggestions qu’il ferait à l’auteur en termes de modifications utiles à apporter à l’ouvrage..
d) En quoi il se sent concerné par ce texte aujourd’hui ou encore en quoi le livre est d’actualité aujourd’hui encore.

2. Jugement et signification actuelle du texte
Les livres naissent, vivent et périssent comme les hommes. Malraux disait que « l’art est un anti-destion », Sartre a repris Malraux autrement en affirmant lui-même qu’ « on écrit parce qu’on veut se sentir essentiel par rapport à la création ». Mais il y a des livres qui périssent avec l’âge parce que le temps aura ainsi décidé, il importe alors de savoir :
a. En quoi la lecture de ce livre peut être d’une certaine utilité dans le présent.
b. Quelle est son importance dans le temps présent ou bien alors, si le texte dit autre que ce qu’il a dit ou voulu dire au moment de sa publication.
c. Par rapport au lecteur lui-même, quels savoirs, quelles connaissances il en a tiré.






OUVRAGE : « LA DERNIÈRE RÉPUBLIQUE »
Auteur : PIERRE EDDY CÉZAR
FICHE DE LECTURE

I. PRÉSENTATION MATÉRIELLE (PHYSIQUE) DU LIVRE

1. La pagination
Le livre « La Dernière République » est un ouvrage (roman) de 150 pages écrit par un auteur haïtien : Pierre Eddy Cézar.
.
2. La première et la deuxième de couverture
La page de couverture (première) a une illustration. Cette illustration est la photo d’une œuvre d’art de type mahogany. Cette illustration d’après l’auteur semble peindre la bizarrerie, l’excentricité et l’anomalie que met en évidence le contenu du livre à savoir une République dirigée par des animaux, avec des bourriques à la première magistrature de l’État.
Ce livre a paru aux Éditions 4 horizons à Montréal en 1996.
La deuxième de couverture (dos du livre) présente non pas un résumé mais une amorce des moments, des grands moments du livre. « Animaux d’Haïti, à la tâche pour un pays où même le soleil est vert. Nous n’allons pas attendre et espérer. Le temps qu’on attend est un temps volé et le temps volé se revend toujours ailleurs. Les humains ont trop dansé dans la boue, c’est l’heure pour la boue de danser sur eux ».
Au bas de la deuxième de couverture, il y a une photo de l’auteur avec des mentions faites sur son parcours. Nous apprenons ainsi qu’il est né au Cap-Haïtien le 13 Novembre 1966. Il a fait des études de lettres à l’École Normale Supérieure, de Droit à la Faculté de Droit de Port-au-Prince et de sciences politiques à l’INAGHEI et que jusqu’en 1996, année de la parution du livre, il poursuivait deux maîtrises, l’une en lettres modernes, l’autre en sciences de l’éducation à CUNY (City University of New York).
3. Le titre
a) La fonction informative.
Le titre « La Dernière République » annonce le caractère du livre. L’adjectif « dernier » peint la psychologie de cette république. Il informe de sa nature désespérée, de son caractère extrême, de son air suprême, de sa complexion inférieure, de sa constitution finale et décisive.
.
b) La fonction incitative.
« La Dernière République » est un titre provocateur dans la mesure où il incite à la lecture. Un lecteur éventuel aimerait bien savoir la trame de ce roman qui ne se dit pas, ne se dévoile pas, ne dit rien, mais attire on ne peut plus à travers le déterminant “dernière” qui ne se situe pas par rapport à un “premier” et qui peut être alors n’importe quoi. Cette république, revêt-elle un caractère suprême ou désespéré, excessif, outrancier ou extraordinaire? L’adjectif “dernier” en tout cas annonce quelque chose d’unique ou peut-être inique que seule la lecture peut nous dévoiler.
4. Les divisions du livre :
a) Le livre lui-même (Le récit)
Le livre est divisé en 7 chapitres. Les chapitres n’ont pas de titre. Les chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 annoncent les différents chapitres du livre. C’est un roman écrit selon le schéma narratif.
Au chapitre 1er, les animaux se réunissent en assemblée générale et proclament au Morne l’Hôpital une constitution animale.
Au chapitre 2ème, les animaux entreprennent une grande campagne d’alphabétisation des animaux en vue des les “élever à la dimension de leur être”. Leurs réunions se font toutes les nuits au cimetière de Port-au-Prince dans le vacarme le plus parfait. Les fondements de la “Zoocratie” qui est le gouvernement du monde par les animaux, sont posés, votés et adoptés par tous les animaux indistinctement..
Au chapitre 3ème, les militaires haïtiens informés des évènements, vont s’enquérir de la situation, rassemblent les évidences en vue d’une descente des lieux afin de rétablir la paix au cimetière.
Au chapitre 4ème, les animaux sont pris dans un guet-apens. Ils furent presque tous tués. Témoins de ce massacre, les morts reconnaissant leurs bourreaux en voyant les militaires, prirent le parti des animaux, en se jetant sur les assassins qui leur avaient donné la mort. Les militaires en ont pour leur compte, ils furent à leur tour massacrés par les morts qui ont pris la défense de leurs frères inférieurs.
Au chapitre 5ème, les animaux changent de lieu de rassemblement, ils vont maintenant au Morne Orphelin qui se situe très loin des endroits où habitent les humains. Ils en firent une place forte. Ils travaillent sérieusement en vue de mener à bien la première révolution animale.
Au chapitre 6ème, le Morne Orphelin est transformé après 4 mois de dur labeur des animaux, exploit que les humains n’ont pu réaliser l’espace de 200 ans d’indépendance dont ils se prévalent tant. Les animaux ont compris que la politique du “pesez, sucez”, “laissez grener”, “roulez, têtez”, “passe me prendre, je passe te chercher” ne peuvent conduire un pays nulle part. Ils résolurent l’équation de la richesse du sol en:
Richesse du sol = Travail + bonne foi + intelligence + efforts persévérants.
Ils trouvent un humain qui se charge de la vente de leurs produits agricoles afin se procurer de l’argent pour s’acheter deux tanks en vue de réaliser un coup d’état contre les humains et imposer le règne animal.
Au 7ème et dernier chapitre, les animaux entrent en possession des deux tanks de leurs rêves. Ils entrent au Palais National et renversent les humains. La bourrique Onondieu Junior 1er, devient ainsi président d’Haïti. Il reçut les honneurs dûs à son rang. Flatté par les humains, Onondieu ne prend pas beaucoup de temps pour signifier aux animaux qu’ils peuvent rentrer chez eux en recommençant à servir les hommes comme par le passé tout en étant fiers de voir un des leurs assurer la première magistrature de l’état. Une fois les animaux sortis du palais, les humains coupent la tête de Onondieu qui alla s’accouder aux grilles du palais. Ainsi prend fin la révolution animale.
b) Les textes annexes.
Le livre n’a ni préface, ni avertissements, ni postface. La deuxième page écrite du livre communique les titres d’ouvrages déjà publiés par l’auteur. À la troisième page du livre, sont citées deux pensées l’une d’un auteur haïtien, l’autre d’un auteur espagnol, pensées qui semblent annoncer le livre :









À la troisième page, une très longue dédicace qui paraît compenser l’absence d’une préface ou d’un liminaire quelconque: :

« Pour tous les coqs qui sont morts de grains de maïs empoisonnés,
Pour toutes les pintades calcinées sous le feu du goudron de nos routes nationales,
Pour tous les petits poussins qu’on a envoyés en l’air et qu’on n’a pas rattrapés,
Pour ces hordes de cabris qu’on a chassés de leur pâturage,
Pour tous les petits poissons d’eau douce
Qui ont fini dans la panse des requins dans l’eau salée de la mer,
Pour toutes les mères vaches qu’on a chiffonnées, fanées et dévalisées,
Pour les jeunes truies qu’on a éventrées avant la puberté,
Pour les taureaux qu’on a molestés, torturés, martyrisés et handicapés,
Pour tous les maringouins qui sont morts parce qu’ils sont des maringouins,
Pour les fourmis qu’on a foulées aux pieds parce qu’elles ne sont pas venimeuses,
Pour Acra,
Pour Marinade,
Pour la peau,
Pour le tassot et le grillot,
Pour le sang et pour la peau,
Pour la tripe,
Et pour tous ceux qui s’acharnent encore
À croire que le soleil puisse luire
Simultanément dans les corridors en spirale,
Chez les frères Narcisse de Polenberg,
Dans les Savanes Zombi et à Troufauban ».

II. LE LIVRE LUI-MEME (LE TEXTE)
1. Résumé
Le livre raconte l’histoire d’un groupe d’animaux qui ayant observé avec intérêt l’échec des humains, décide de s’emparer du pouvoir en Haïti. Ils avaient développé un concept philosophique dénommé “La Zoocratie” qui serait le gouvernement du monde par les animaux et l’exemple pensent-ils, devrait venir d’Haïti parce que les deux-pattes-sans-queue haïtiens ont fait des choses dont le Bon Dieu veuille protéger les animaux haïtiens. Ils s’organisent de manière à renverser le désordre humain et imposer un ordre animal. Mais pour réussir le coup d’état qui devrait renverser le gouvernement des humains, dépositaires de l’expérience, ils savaient que tout ce qu’il leur fallait, c’est d’entrer en possession de deux tanks. Ils se mettent à travailler pour avoir payer les gardiens de tanks, puis négocier une coupure d’énergie dans les artères du palais national. C’est ainsi que une bourrique “Onondieu Junior 1er devient président de la République d’Haïti”. Onondieu reçoit tous les honneurs dûs à son rang. Mais une fois au pouvoir, il oublie le rude travail des animaux. Il sent le besoin de s’humaniser, et c’est ainsi qu’il abandonne les animaux. Les humains en profitent alors pour se débarasser de son excellence Onondieu dont le crâne sous le coup d’une machette ou de la gueule d’un colt 45, alla s’accouder aux grilles du palais. .
2. Les personnages protagonistes du livre
Les personnages protagonistes du livre sont Onondieu une bourrique mâle et sa femme Décalète. Jusqu’à sa prise du pouvoir humain, Onondieu est le symbole vivant de l’optimisme, la force, la persuasion, la conviction, la discipline et le courage. Sa première femme Décalète est le symbole de la fidélité, de respect et d’obéissance à son mari jusqu’à sa mort. Les humains sont en réalité des personnages accessoires et mineurs. Ils paraissent seulement dans leur utilité aux animaux dans l’accomplissent de l’idéal de ces derniers. L’ennemi No. 1 des animaux est l’humain (l’homme) et également l’anarchie animale dont la bourrique Onondieu arrive à bout grâce à son esprit cartésien et son souci de l’ordre et le respect de la discipline établie par la consitution animale. Onondieu n’accepte pas l’échec. Il sait comment gérer la psychologie de la foule de bestioles, prévoir les coups, attaquer et contre-attaquer.
3. Le narrateur de l’histoire
L’histoire est racontée à la troisième personne. Les temps les plus utilisés sont le passé simple et l’imparfait. Le narrateur est un locuteur omniscient qui supplée à Dieu. Il est omniscient et omniprésent. C’est donc la focalisation zéro.

4. Le rythme de l’histoire
Le récit est sommaire. Il est ponctué de dialogues entre les différents personnages, mais le plus souvent il y a des débats entre tous les animaux au moment de la prise de décisions importantes. Des fois, il y a des exposés quand il s’agit pour les dirigeants de la gent animale de faire le point sur certains points.
Les différencts récits s’enchaînent car le texte est linéaire. Il n’y a pas beaucoup d’émotion qui entraînerait des fluctuations nécessitant des exclamations et des interrogations. La progression est de type narratif régulier.
L’histoire est racontée selon un ordre naturel, logique et régulier. Les différentes séquences s’enchaînenent selon une suite logique. Les animaux veulent le pouvoir. Ils savent comment y arriver. Il leur faut deux tanks pour perpétrer un coup d’état. Il leur faut donc de l’argent pour corrompre les gardiens des tanks et entrer en possession des chars. Ils travaillent dur et rassemblent leur argent. Arrive le jour où ils en ont en assez, ils se procurent les tanks et avec leurs tanks entrent au Palais National pour y chasser les humains.
L’auteur défend un ensemble de valeurs morales et sociales: la justice, la solidarité, la bonté, l’amour etc. Il suggère de vivre dans l’harmonie: “L’avoir et le pouvoir investis dans la gloire, constituent un danger mortel sans le savoir guidé par la conscience, le travail, l’entraide, le partage, le bon sens, le pardon et l’amour.
5. Le style de l’auteur
Ce texte est un roman. C’est un roman fictif de type actif tourné autour d’aventures. L’auteur utilise le style narratif. Mais le récit est également ponctué de descriptions, d’argumentations venant surtout de Onondieu, il y aussi des passages informatifs et explicatifs.
La langue utilisée pour raconter l’histoire est soutenue. Les discours utilisés pour raconter l’histoire sont surtout des dialogues avec de temps à autre des ingérences d’auteur. Les figures de style utilisées sont surtout des figures de signifiant. L’auteur utilise les animaux pour traduire en réalité la bêtise humaine.
Les champs lexicaux les plus utilisés sont: ordre, désordre, chef, révolution, laisser-aller, déception, ingratitude, gouvernement, humains, animaux, machette, tank, colt 45, abattoir, tank, bêtise, cimetière, vengeance, droits de l’homme, droits de l’enfant, le black out, apocalypse. Ces termes donnent une idée de l’atmosphère de violence, de révolte qui constitue la trame de fond du livre. .

6. Les indicateurs sociaux désignant les renseignements apportés sur l’époque à
laquelle le texte se réfère:
Ces indicateurs sont de tous ordres: culturel, social, historique, idéologique et doctrinal: Des marines américains de l’occupation américaine de 1915.
Charlot Jacquelin
Félix Lamy
Le black out à Port-au-Prince
Apocalypse
Droits de l’homme
Droits de l’enfant
Les princes de la Gestapo
Hiroshima
Nagazaki
Les morts des élections du 29 novembre 1987
Les morts du coup d’état de la nuit du 29 au 30 septembre 1992
Les fosses communes de Titanyen
Les fosses communes du Morne-à-cabri

III. LA SYNTHÈSE
1. Point de vue personnel du lecteur.
L’humour est la toile de fond de la trame de ce livre. On ne peut ne pas rire en lisant l’attitude de certains caractères tels Onondieu, Décalète, Beaulieu, Beaumarchais, l’entente suspecte entre chats et souris, les cafards et les poules, les chiens et les chats. Mais cet humour est on ne peut plus insolent et inconvenant dans la mesure où il présente les animaux, les morts voire les choses comme l’alternative à la défaillance humaine. On ne peut accepter d’en rire sans grincer les dents en se questionnant soi-même et se positionner. Si c’est ici l’objectif poursuivi par l’auteur, il l’aura bien atteint.
Cependant, l’auteur aurait pu nous épargner les animaux, cette inclinaison vers la fange peut révolter vers l’auteur et son livre aussi bien que dans la conscience du lecteur. Mais malheureusement, cette révolte contre l’oeuvre pouvait se révéler inapproprié dans la mesure où plus d’une dizaine d’années après la publication du livre, il semble que Onondieu s’il vivait encore, pouvait avoir le même rêve. Le seul absent est l’armée d’Haïti qui a été supprimée. On parle aujourd’hui avec le phénomène du kidnapping du retour des forces armées. Donc Onondieu a sa place aujourd’hui en 2006.

2. Jugement et signification actuelle du texte
La lecture de ce livre est triplement intéressante quelque dix ans après sa publication. Onondieu est actuel. Il a aujourd’hui des noms d’hommes. On n’a qu’à pour s’en convaincre se référer à ce qui s’est passé dans le pays depuis 1996. Nous semblons ne pas avoir évolué depuis le temps d’Onondieu. Encore, Onondieu a fait preuve de leadership, de responsabilité, de courage et de combativité jusqu’à l’atteinte de son idéal. Il est pardonnable jusqu’à sa prise de pouvoir. Il y en a parmi les humains condamnables du tout au tout. En cela, la bourrique Onondieu peut être un modèle à imiter avec une légère modification ou correction.

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