Mayhezee
Jeu de cartes de Pierre Eddy Cezar
SERVI ET ÉDUQUÉ POUR ÉDUQUER ET SERVIR / FORMÉ POUR FORMER ET TRANSFORMER
LE JEU DE CARTES MAYHEZEE EN PRÉSCOLAIRE
Une création de Pierre Eddy Cézar
PUBLIC CIBLE :
─ Professeurs du préscolaire
─ Parents, professionnels, étudiants
─ Professeurs de l’École Fondamentale
─ Professeurs de tous niveaux
─ Directeurs d’écoles
─ Conseillers pédagogiques et Administrateurs scolaires
─ Cadres et fonctionnaires de l’Administration publique
─ Toute personne exposée à un niveau ou à un autre à
l’éducation des tout-petits
OBJECTIFS : Saisir (à travers le jeu de cartes MAYHEZEE) l’importance de l’éducation des tout-petits dans ses aspects physique, sociolinguistique, socio émotionnel, cognitif, socio affectif afin de préparer pour l’école fondamentale, secondaire et l’université, l’apprenant qui deviendra l’homme-citoyen haïtien de l’avenir dans un état d’équilibre harmonieux avec lui-même, avec son entourage et avec son environnement.
a-aspect physique :
Dès l’âge de trois ans, l’apprenant tient ses cartes dans ses mains ─du pouce, de l’index et du majeur avec en support l’annulaire et l’auriculaire.
Il collecte son gain (cartes) et le place dans sa pile qu’il identifie comme sa conquête personnelle.
Il apprend à cacher ses cartes de manière à ne pas laisser son adversaire voir leur couleur afin d’augmenter ses chances de gagner.
b-aspect sociolinguistique :
Il utilise des phrases affirmatives et négatives simples de 4 à 7 mots ou complexes de 7 à 12 mots:
- « Je joue le 4 triangle ».
- « Je joue le 8 cercle, 8 étant plus petit que 10, je ne coupe pas ».
- « Je joue le 11 triangle, 11 étant plus grand que 8, je coupe ».
- « Je joue le 2 rectangle, je coupe ».
- « Je n’ai pas de carré, je renonce, je joue le 8 cercle ».
- « Tu n’as pas gagné ».
- « C’est moi qui ai gagné ».
Il emploie la tournure possessive de manière cohérente.
- « C’est mon lot ».
- « Ce sont mes cartes ».
- « C’est mon tour ».
- « C’est à toi ».
Il construit certaines analogies verbales.
- « Le triangle est vert ».
- « Le rectangle est rouge ».
- « Le carré est bleu ».
- « Le cercle est jaune ».
Il distingue le singulier du pluriel avec exactitude.
- « C’est ta carte ».
- « Ce sont tes cartes ».
- « C’est mon lot etc. »
N.B. Les phrases affirmatives (j’ai), et négatives (je n’ai pas), les tournures possessives et les analogies verbales sont dites, répétées, réitérées et ressassées à toutes les phases du jeu.
c-aspect socio émotionnel :
- L’enfant apprend à cultiver l’autonomie et la confiance en lui-même.
- Il agit : parle, danse, chante pour acclamer ses prouesses en jouant.
- Il témoigne sa désolation de perdre à sa façon.
- Il sait être fier de ses réalisations.
- Apprend à accepter la défaite dans la sérénité.
- Il apprend à se ranger et se grouper selon ses préférences en jouant.
- Il prend plaisir à la compétition et apprend à se défendre.
- Il consent, édicte et conçoit les règles de jeu.
- Son amour pour le jeu intensifie son amour pour l’école et provoque la soif d’apprendre.
d-aspect cognitif :
- Il apprend, se remémore et identifie facilement les différentes couleurs utilisées dans le jeu de cartes particulièrement les couleurs de base : le rouge, le jaune, le vert et le bleu.
- Il compte jusqu’à 64 au moins avec le plus grand naturel du monde.
- Il crée des néologismes dans sa joie de gagner ou d’avoir gagné au jeu.
- Il distingue facilement les formes de base : le carré, le triangle, le rectangle et le cercle.
- Il écrit les 11 chiffres du jeu et en apprend ceux qui suivent jusqu’à au moins 20.
- Il classe les objets par ordre de grandeur croissant ou décroissant.
e-aspect socio affectif :
- Il apprend ses limites, ses faiblesses et ses points forts et sollicite de l’aide en conséquence en anticipant les difficultés éventuelles.
- Il mime les différentes personnes de son entourage dans ses jeux.
- Il se construit des repaires pour se cacher (cacher ses mains).
DESCRIPTION :Le jeu de cartes MAYHEZEE est destiné prioritairement aux enfants des trois niveaux du préscolaire aux fins de formation, d’épanouissement, d’émancipation et de socialisation. Il admet un éventail de 5 arrangements ou groupements de jeux. (Il est arrivé que tous les enfants et beaucoup d’adultes aiment jouer à MAYHEZEE, c’est un heureux accident de parcours). MAYHEZEE est d’ailleurs l’un des rares jeux de cartes à pouvoir entraîner tant de dispositions de jeux.
Ayant quarante-huit unités (cartes), il peut se jouer avec :
- Deux (2) joueurs à raison de quatre cartes par joueur pour six distributions (4 x 2 x 6 = 48).
- Trois (3) joueurs à raison de quatre cartes par joueur pour quatre distributions (4 x 3 x 4 = 48).
- Quatre (4) joueurs à raison de quatre cartes par joueur pour 3 distributions (4 x 4 x 3 = 48).
- Six (6) joueurs à raison de quatre cartes par joueur pour 2 distributions (4 x 6 x 2 = 48). (Ce format de jeu n’est pas conseillé pour les enfants du préscolaire)
- Douze (12) joueurs à raison de quatre cartes par joueur pour une seule (1) distribution (4 x 12 x 1 = 48). (Ce format de jeu n’est pas conseillé pour les enfants du préscolaire)
Le jeu de cartes MAYHEZEE met en avant :
a) Les formes (triangle, rectangle, cercle et carré)
b) les lettres (voyelles a – e – i – o – u)
c) les chiffres (1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8 – 9 – 10 – 11)
d) les couleurs primaires (le rouge, le vert, le bleu, le jaune)
e) les 4 habiletés langagières (écoute, oralité, lecture, écriture)
f) les couleurs secondaires (noir, blanc, rose, marron)
g) les notions de grandeur (plus grand, plus petit)
h) la phrase affirmative et la phrase négative (j’ai / je n’ai pas)
i) la pragmatique
j) la pensée métalinguistique
k) le bilinguisme
l) la stimulation de l’intérêt
m) le sens de l’observation (en regardant les différentes couleurs des cartes des adversaires)
n) le développement et l’épanouissement sensoriels
o) la perception, l’apprentissage, la pensée et le souvenir (processus cognitif)
p) l’aspect sociolinguistique
q) le souvenir (gagner au jeu, c’est aussi avoir la capacité de se souvenir de la couleur des cartes de ses adversaires)
r) l’aspect socio émotionnel
s) l’aspect socio affectif
t) la socialisation etc.
Ce jeu de cartes tient compte de tout le programme préscolaire (tel que pratiqué officieusement dans la quasi-totalité des écoles d’Haïti) et espère servir à en officialiser un dans la mesure où certaines écoles à défaut d’un programme officiel détaillé sanctionné par un choix de manuels (initiative difficilement concevable) pour le préscolaire, reprennent des fois, ce que font d’autres, ou enseignent ce qu’elles ne devraient pas enseigner aux tout-petits, quand elles ne se réduisent pas à la préparation de leurs apprenants en tenant compte presqu’exclusivement de la performance requise dans les écoles congréganistes et internationales où ils seront acceptés à la fin de leur « pré-scolarisation » (éducation préscolaire).
JUSTIFICATION : En janvier 2005, j’ai été contacté par une ONG en tant que consultant pour implémenter un Curriculum global de développement d’enfant. Je me suis alors renseigné sur tous les travaux déjà effectués dans le domaine de la petite enfance en Haïti.
De tous les documents trouvés, il y en a un de la Banque Mondiale titré « Éducation Fondamentale en Haïti (Département du Développement humain / Région de l’Amérique Latine et des Caraïbes » qui avait vivement attiré et retenu mon attention. La raison était simple : « Après avoir présenté le tableau du système éducatif haïtien (voir page 15) qui pourrait se résumer ainsi :
« Sur chaque 1000 élèves entrant au premier cycle de l’École Fondamentale, seulement 288 terminent le Certificat d’Études Primaires dont 131 (de ces 288) terminent sans redoublement. De ces 288 qui terminent le Certificat d’Études Primaires, seulement 164 se présentent au Examens du Baccalauréat.
Et avec le taux d’échec enregistré chaque année aux examens de Bac, on peut facilement terminer le tableau non achevé de ce document.
Dans la présentation de l’éducation préscolaire en Haïti, une autre chose allait attirer mon attention : sur les deux seuls tableaux présentés (voir page 16), il y en a un qui regroupe l’ensemble des établissements préscolaires soit un total de 5336 écoles (publiques et privées congréganistes, laïques, communautaires, régionales, protestantes indépendantes, paroissiales, de missions protestantes et autres) pour un total de 326 900 enfants ; l’autre tableau regroupe l’ensemble des écoles Montessori d’Haïti qui pour la même année (1998) étaient seulement de 35 (bien qu’en 1999 soit une année plus tard, le nombre allait passer à 71.
Je me suis alors empressé de terminer le boulot de l’ONG pour m’intéresser à ce phénomène particulier de la transmission du savoir préscolaire dans le contexte haïtien des sciences de l’éducation, surtout qu’en Haïti, malheureusement, les professeurs du préscolaire, on semble ne pas avoir un culte très poussé de la recherche en éducation préscolaire. Des ouvrages sont certes publiés et utilisés, d’une école à une autre, les approches sont tellement différentes qu’on peut oser affirmer que les petites enfances sont tellement différentes qu’elles semblent annoncer les multiples hommes haïtiens de l’avenir comme le précise ce document de la Banque Mondiale :
« Les problèmes auxquels les enfants pauvres font face dans les premières années ─déficiences du développement mental et physique et manque de préparation à l’école─ les prédisposent à l’échec et à l’abandon scolaire ainsi qu’à l’analphabétisme fonctionnel. Les programmes de développement de la petite enfance (DPE) s’attaquent à ces problèmes. Ils sont cruciaux pour l’aptitude d’un enfant à apprendre et sa réussite future. Bien qu’elles ne soient pas obligatoires, des activités DPE sont offertes dans plus de la moitié des 9528 écoles primaires. L’enseignement préscolaire est principalement fourni par le secteur privé ».
Dans mon engouement de cerner les différents problèmes auxquels l’enseignement préscolaire était en butte en Haïti, j’ai cherché d’abord à comprendre ce qui attire tant l’attention dans les écoles Montessori non en termes de qualification des professeurs ou en termes d’environnement d’apprentissage car j’avais assez lu l’«approche Maria Montessori au cours de mes études de deuxième cycle en sciences de l’éducation à Queens College (CUNY), mais en termes de résultats obtenus par les apprenants.
Mes recherches m’ont permis de conclure que si dans les écoles Montessori en Haïti (les vraies qu’il ne font pas confondre avec celles à affiches Montessori), on a un programme conduit par des gens qui ont des buts et objectifs précis à atteindre et qui arrivent à les atteindre par le jeu, dans les autres écoles (hormis bien sûr celles où les parents paient suffisamment pour en exiger une éducation de qualité) le programme du préscolaire se limitait à un certain savoir transmis sur le tas par des maîtres dont le niveau laissait à désirer.
J’ai lu et relu le document de la Banque Mondiale : « Les problèmes auxquels les enfants pauvres font face dans les premières années ─déficiences du développement mental et physique et manque de préparation à l’école─ les prédisposent à l’échec et à l’abandon scolaire ainsi qu’à l’analphabétisme fonctionnel. Les programmes de développement de la petite enfance (DPE) s’attaquent à ces problèmes. Ils sont cruciaux pour l’aptitude d’un enfant à apprendre et sa réussite future. Bien qu’elles ne soient pas obligatoires, des activités DPE sont offertes dans plus de la moitié des 9528 écoles primaires. L’enseignement préscolaire est principalement fourni par le secteur privé ».
Je me suis alors proposé de faire quelque chose, mais quoi ? En tout cas, cela devait avoir quelque chose à voir avec un programme préscolaire complet, bon marché qu’on pouvait utiliser dans toutes les écoles du pays ».
Je me suis alors attelé à la tâche. Il me fallait un jeu, un jeu bon marché, pouvant suppléer à tout, même à l’incompréhension du système ? Il me fallait aussi ce jeu pour une raison tout à fait personnelle : « J’ai été éduqué et servi pour éduquer et servir. J’ai donc été formé pour former et transformer ». Il me faut faire quelque chose. Mes réflexions m’ont conduit vers les jeux de cartes. Et j’en ai développé plusieurs versions avant que d’aboutir à MAYHEZEE.
Ensuite, il y a ce fait que les jeux de cartes sont considérés par certaines personnes comme étant impropres à être utilisés par des apprenants parce que, disent-ils, c’est avec les jeux de cartes qu’on joue au poker, jeu réputé dangereux pour des enfants en âge de scolarisation. D’autres, sans même se référer au poker, ont simplement appris à voir les bagarres, les échauffourées, les rixes, les disputes, les affrontements qui sont, somme toute, le lot des jeux de cartes.
J’étais moi aussi fort de ce qu’on oublie malheureusement assez souvent et trop souvent que tous les autres jeux se jouent aussi pour de l’argent. On joue aux dominos, aux dames, aux échecs, aux billes pour de l’argent.
Mais le préjugé manifeste qu’on témoigne aux jeux de cartes vient prioritairement de ce que ce sont les jeux les plus portatifs et les plus transportables parmi ceux qu’on connaît à part bien entendu, les jeux que les enfants jouent en utilisant leur matériel scolaire tels que la boîte et le morpion.
On peut difficilement s’imaginer un enfant en contexte haïtien transportant un jeu de dominos en salle de classe. Heureusement que depuis quelque temps, on semble être plus clément envers les jeux de cartes à travers des jeux du type « Joker » ou « Uno » grâce aux différentes découvertes et des multiples usages auxquels se prêtent les jeux de cartes.
Les jeux de cartes sont les seuls du genre à offrir de multiples moyens pour l’apprenant de s’épanouir et de s’émanciper en se formant. En outre, ils offrent à l’apprenant la possibilité de réfléchir, d’anticiper et de développer beaucoup plus qu’un simple esprit mathématique comme on se plaît à le dire assez souvent, la justesse et la logique dans le raisonnement.
Pour tous les acteurs du préscolaire en Haïti, ce jeu de cartes constitue un moyen privilégié d’officialiser (dans la pratique) un véritable programme pour les enfants de 3 à 5 ans sans distinction, un programme applicable à tous les apprenants sans distinction, peu coûteux, dans la mesure où il assemble tous les éléments pédagogiques pouvant façonner et modeler l’apprenant souhaité à l’entrée de l’École fondamentale.
Il n’est même pas nécessaire d’ajouter que le pays entier souffre de l’incapacité de nos bacheliers à jouer aux cartes comme l’attestent d’ailleurs nos professeurs de mathématiques (probabilité) qui affirment que l’apprenant qui ne sait pas jouer aux cartes ne peut pas comprendre l’analyse combinatoire.
Il n’existe d’ailleurs aucun mathématicien à ne pas avoir une idée de presque tous les jeux auxquels se prêtent les cartes. Toutefois, quel que soit le préjugé que les uns et les autres pourraient avoir avec les jeux de cartes, il m’est réconfortant d’avancer que le jeu de cartes MAYHEZEE a été conçu exclusivement pour les apprenants et qu’il n’y a rien, absolument rien qui puisse contrarier l’enfant dans son développement.
Plus qu’un simple jeu de cartes, MAYHEZEE est un programme préscolaire à apprendre et à assimiler par le jeu, rien que le jeu, rien que par le jeu qui est la meilleure façon pour les tout petits d’apprendre. Il est arrivé que les adultes le préfèrent au casino et au trois/sept, toute la gloire est alors à Dieu qui m’a inspiré ce jeu à qui je dis merci… merci une fois, deux fois, trois fois, une infinité de fois MERCI.